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LA TARIQA TIDJANIYA AU SENEGAL
El Hadj Omar Tall khalife des tidjanes

 
 
El Hadj Omar Tall est une des plus grandes figures du XIXe siècle africain. Conscient de l'intérêt stratégique du Fleuve pour la pénétration française à l'intérieur de l'Afrique, il tente de s'y opposer en essayant de créer un grand empire soudanais, avec l'adhésion de la population, en faisant connaître le tidjanisme, confrérie musulmane qui rejette toute hiérarchie sociale et prône l'égalité de tous les hommes. 
La jeunesse d'El Hadj Omar Tall 
 
Hadj Omar Tall est né vers 1797, aux environs de Podor dans le Fouta Toro, en pays toucouleur. Quatrième fils du marabout Saïdou Ousmane Tall, il appartient par sa famille au groupe Tooroodo qui se consacre essentiellement aux fonctions religieuses. Les Toorobbe toucouleur ont renversé en 1776, la dynastie peulhe des Dénianké qui avaient conquis au XVIe siècle le Fouta Toro ; leurs souverains, les saltigui bien qu'islamisés, conservent de nombreuses pratiques animistes. 
El Hadj Omar resté très affaché à sa mère dont la piété et la soumission le marquèrent profondément aimait à dire : "j'ai laissé beaucoup d'hommes, semblables à mon père dans le Fouta, mais je n'ai pas laissé de femmes comparables à ma mère". Il reçoit de sa famille une instruction religieuse solide et apprend l'arabe. Il complète sa formation par des voyages auprès des Maures de la confrérie des Qadriya au Tagant et à Walata. 
La Qadriya, confrérie musulmane, a un aspect aristocratique fondé sur la reconnaissance de la hiérarchie sociale. Les grands chefs et leurs descendants peuvent prétendre à une bénédiction divine et avoir une fonction religieuse. Cette confrérie a une certaine influence auprès des Toucouleur, car de nombreux Toorobbe appartiennent aux castes supérieures de la société. 
A l'occasion d'un séjour au Fouta Djalon, El Hadj Omar est initié au tidjanisme. 
Le pélerinage à la Mecque  
 
A 23 ans, El Hadj Omar entreprend le pelérinage à la Mecque. Le voyage dure 13 ans. 
En Orient El Hadj Omar se déplace plusieurs fois entre le Caire, Médine, la Mecque et Jérusalem. 
Il reçoit à Médine le titre de Khalife des tidjanes pour le Soudan du Cheikh Mohammed Ghali disciple direct du fondateur du tidjanisme Cheikh Tidjane. 
Il est comblé d'honneurs à Sokoto, en pays haoussa, par l'émir Mohamed Bello qui lui donne en mariage deux princesses dont sa propre fille. 
A Hamdallahi au Macina, Cheikou Hamadou, Peulh austère, le reçoit plus froidement, peut le train fastueux du Toucouleur, mais peut-être aussi conscient du être choqué par danger que le prestige d'El Hadj Omar représente pour le pouvoir établi. 
A Ségou, l'accueil du souverain animiste Tiefelo est franchement hostile. El Hadj Omar, apprenant que le Fouta Toro traverse une période d'agitation et de tension avec la France, préfère se diriger vers le Fouta Djalon où il est bien accueilli par l'Almamy. 
 
Dyengounko première base du tidjanisme au Fouta Djalon El Hadj Omar s'installe à Dyengounko, fonde la première Zaouia - communauté religieuse et militaire - et accueille de nombreux disciples, les talibés. 
En 1845, il entreprend une tournée dans les pays voisins en traversant le Sine Saloum, le Baol, le Cayor, encore animistes et au Fouta Toro son pays natal où il recrute de nombreux talibès. 
Bien accueilli par le commandant français de Podor, il rencontre à Bakel le gouverneur de Saint-Louis Bourdon de Gramont alors en tournée d'inspection. 
Il retourne au Fouta-Djalon, suivi d'une foule de disciples, y compris des gens de castes, surtout originaires du Fouta Toro. 
L'Almamy, inquiet l'invite à quitter son royaume. El Hadj Omar, se fixe en 1850, à 200 kilomètres plus à l'Est, à Dinguiraye, village qu'il achète au souverain de Tamba. 
Le commerce de traite a aggravé au XVIIIe siècle l'insécurité et l'instabilité des royaumes. Au XIXe siècle l'islam apparait comme le cadre religieux, politique et social le plus capable de renouveau. 
Au début du XIXe siècle, la confrérie la plus répandue est la Qadriya qui perpétue dans 1'islam les privilèges de l'aristocratie. Le chef politique et religieux est entouré d'une minorité de privilégiés, le peuple est tenu à l'écart. 
La Tidjaniya brise ces barrières, elle établit le contact direct entre le chef et les simples adeptes. Elle donne à tous la possibilité d'accéder aux plus hautes fonctions par le courage, la science ou le talent. Les castes ou le cadre ethnique ne constituent plus des facteurs d'exclusion. 
Elle a de ce fait un caractère révolutionnaire et relativement démocratique. D'où le prodigieux succès dEl Hadj Omar auprès des masses qui souffrent de l'oppression, mais aussi la crainte qu'il inspire aux pouvoirs établis, car en ces temps où société civile et religion se confondent, les progrès de la confrérie d'El Hadj Omar préparent la prise du pouvoir militaire et politique. 
Dinguiraye et les préparatifs de guerre 
 
 
El Hadj Omar Tall fait de Dinguiraye une ville forteresse, une place imprenable. 
Trois enceintes la protègent. La première de 1800 mètres environ de développement comprend un mur crénelé de 4 mètres de hauteur; la deuxième la plus importante, un mur de 6 mètres de haut, octogone irrégulier de 100 à 150 mètres de côté dont chaque 
angle comprend une tourelle à étages. La troisième de 6 mètres de hauteur double la seconde en ménageant un chemin de ronde entre elles. 
Pour son armement, El Hadj Omar achète des fusils aux Anglais de Sierra Leone et de Gambie, qu'il paye avec l'or du Bouré. Il fait fabriquer sur place une grande quantité de poudre. 
Dinguiraye devient aussi un centre religieux avec la construction d'une grande mosquée dont le toit a 16 mètres de hauteur et 40 mètres de diamètre à la base. Elle constitue encore aujourd'hui un haut lieu de l'islam tidjane. 
Les talibés qui cultivent les champs, remplissent les greniers de Dinguiraye. Le rayonnement de la ville accroit sa population qui atteint entre 8 000 et 10 000 habitants. 
Le roi animiste de Tamba, inquiet des préparatifs militaires attaque Dinguiraye. El Hadj Omar proclame la guerre sainte - Le Djihad - et prend d'assaut la ville de Tamba en 1849. Il attaque ensuite les royaumes animistes du bambouck, régions aurifères sur la rive gauche du Sénégal puis les royaumes animistes bambaras du Kaarta avec Nioro pour capitale sur la rive droite du Fleuve. 
La rapidité des premières conquêtes surprend les forces ennemies et inquiète le commandement français de Bakel. Mais elles encouragent El Hadj Omar dans ses capacités militaires et sa mission religieuse. 
Créée par El Hadj Omar, l'armée possède plusieurs atouts : des effecfifs nombreux entre 30 000 et 40 000 combattants ; une diversité ethnique pour les combattants comme pour le commandement, les Toucouleur devenant minoritaires ; des corps d'armées autonomes ; une cavalerie d'élite ; des soldats très pieux, fidèles à leur chef El Hadj Omar, héroïques, animés d'une grande bravoure et méprisant la mort. 
El Hadj Omar est aussi un diplomate, sachant opposer ses adversaires en s'alliant avec le plus faible pour combattre le plus fort. 
Mais l'armée compte de nombreuses faiblesses. Les femmes, les enfants, les prisonniers, les marchands qui l'accompagnent, lui donnent l'aspect d'une foule en mouvement inorganisée. Les commandements des différents corps d'armées sont insuffisamment coordonnés. L'armée est dépendante des régions côtières qu'elle ne contrôle pas pour son ravitaillement en armes ; ses deux canons qui lui donnent la supériorité dans certaines circonstances sont insuffisantes face à des ennemis mieux armés. 
La conquête du Bambouk rapproche El Hadj Omar du fort de Bakel. Il cherche à obtenir des armes, sans pour autant remettre en cause la présence des Français. Malgré ses bonnes intentions - il envoie un de ses fils en otage à Bakel - le gouverneur général Protet refuse toute vente de matériel de guerre. Le capitaine de génie Faidherbe consolide les remparts du fort. 
Devenu gouverneur à la fin de 1854, Faidherbe choisit le Sénégal comme axe de pénétration vers le Niger et complète la protection du Fleuve en construisant sur son cours supérieur un fort à Médine, pour donner un coup d'arrêt à la progression d'El Hadj Omar. Médine est la capitale du Khasso, dont le souverain musulman obtient un tribut pour la construction de la forteresse. 
La conquête du Kaarta terminée en 1867, El Hadj Omar, mécontent du comportement de ce souverain lui déclare la guerre. 
La bataille de Médine 
La position du fort de Médine, poste très avancé sur le haut Sénégal, est périlleuse. Son accès est lié aux seules crues annuelles du Fleuve. La garnison doit vivre de longs mois isolée et attendre les hautes eaux de juillet à octobre pour être ravitaillée. 
Le fort est sous le commandement du métis saint-louisien Paul Holle qui ne dispose que de 63 hommes dont 7 blancs. 
El Hadj Omar contrÔle le bambouk, sur la rive gauche du Sénégal et le Kaarta sur la rive droite. Au nord, il se heurte au Fouta Toro, sa mère patrie, aux chefs musulmans. Quelques uns passent dans son camp sous la poussée populaire, mais la plupart lui résistent et font appel aux français installés dans les forts le long du Fleuve. 
El Hadj Oumar Tall 
(1797, Sénégal - 1864)  
Toucouleur né près de Podor au Sénégal, Oumar Saïdou Tall étudia en Afrique. C'est au cours du pèlerinage qu'il effectue à la Mecque de 1820 à 1838 qu'il obtient le titre de Calife de la confrérie Tidjaniya pour le Soudan (actuel Mali). Il s'arme, déclare le Jihad, et devient le fondateur d'un empire toucouleur, s'étendant de Tombouctou (Mali) jusqu'aux sources du Niger et du Sénégal, jusqu'à sa disparition dans la falaise de Bandiagara. 
 
1850 : construction de la : Mosquée de Dinguiraye ou Mosquée de El Hadj Oumar Tall 
1852 - 1864 : Le Toucouleur El Hadj Oumar Tall entreprend la conquête du Soudan (actuel Mali) par la Djihad (guerre sainte).Le tableau suivant est issue de [www.pulaaku.net en FR]  
 
 
 
CHRONOLOGIE 
 
Chronologie comparative  
Dates Dans l'empire d'El Hadj Omar France et Europe  
1794 ou 1797 Naissance d'Omar Saïdou Tall à Halwar (Fouta-Toro, Sénégal). Révolution française.  
1819 Départ en pèlerinage à La Mecque. Napoléon à Sainte-Hélène.  
1822 Fondation du Libéria.  
1827 Arrivée à La Mecque.  
1827-1832 Pèlerinage à La Mecque et séjour en Orient.  
1833 Naissance d'Ahmadou à Sokoto.  
1840-1841 Installation à Diégounko.  
Fin 1845 Départ de la tournée de propagande.  
1847 Indépendance du Libéria. 
Bouët Willaumez fonde Libreville.  
1849 Installation à Dinguiray.  
1851 Guerre contre le royaume de Tamba. Second Empire français.  
1854 Début du grand Jihad (21 mai)  
Campagne du Bambouk (15 juin) Campagne de Crimée. 
Prise de Sébastopol.  
1855-1857 Campagne du Kaarta. Prise de Nioro et de Kolomina.  
Opération contre les Diawara.  
1857 Retour d'El Hadj Omar vers l'ouest.  
Bataille de Médine (avril-juillet).  
Retraite sur Koundian.  
1858 Tournée dans le Fouta-Toro (propagande et recrutement).  
1859 Retour vers l'est.  
1859-1861 Campagne de Ségou.  
Prise de Marcoïa (20 novembre 1859). 
Bataille de NGano (22 mai 1860). 
Occupation de Niamina(23 mai 1860). 
Siège d'Oïtala (sept. 1860). 
Bataille de Thio, (20 février 1861).  
Entrée d'El Hadj Omar à Ségou-Sikoro (9 mars 1861)  
1862 - Guerre contre le Macina: début de la campagne (10 avril) 
Bataille de Porman (7 mai) 
Bataille de Tayawal (10-15 mai).  
Entrée à Hamdallahi (16 mai).  
1863 Séjour d'Ahmadou à Hamdallahi (février-mars). 
Occupation de Tombouctou.  
Défaite de Mari Mari.  
Mort d'Alpha Oumar (mai).  
Défaite de Ségué.  
Mort d'Alpha Ousman (juin).  
Début du siège d'Hamdallahi (15-16)  
1864 Fin du siège d'Hamdallahi (7 février).  
Mort d'El Hadj Omar (12 février).  
 
 
 
http://www.africa-onweb.com/personnalites/el-hadj-oumar-tall.htm :  
 
"A son retour au pays natal, le Fouta-Toro, au Sénégal, il rencontre des oppositions et part s'installer en 1848 à Dinguiray, au Fouta-Djalon (Guinée), d'où il prépare le djihad.Entre 1848 et 1855, ses troupes ravagent plusieurs régions malinkés à la recherche d'or. 
Equipées d'armes européennes (petits canons et fusils à tir rapide), elles échouent devant les troupes coloniales, mais parviennent à piller plusieurs comptoirs français sur le haut Sénégal.  
En 1857, elles font sans succès le siège du fort de Médine, près de Kayes. El Hadj Oumar Tall prend alors le parti de tourner le dos aux Nazaras, les chrétiens. 
Entre 1858 et 1860, il ravage le Kaarta, le Diafounou, le Kingui et une partie du Bélédougou. 
Le 10 mars 1861, il entre dans Ségou, la riche capitale du roi bambara, Bina Ali qui trouve refuge à Hamdallaye. 
El Hadj Oumar Tall désigne son fils Amadou Cheïkou, futur Lamdo Djouldé, ou «commandeur des croyants» en peul, comme son unique héritier spirituel et marche sur Hamdallaye en avril 1862. Après trois batailles qui firent soixante-dix mille morts, la ville tombe. Son roi, Amadou Amadou, est mis à mort ainsi que son hôte, le roi Bina Ali.El Hadj Oumar Tall envoie une expédition contre Tombouctou, mais celle-ci est anéantie. La résistance s'organise et Hamdallaye est reconquise par les conjurés peuls et maures kountas, avec l'appui des archers bobos. 
El Hadj Oumar Tall trouve refuge dans les grottes de Deguembéré où il meurt dans l'explosion de sa réserve de poudre. 
Son empire survit tant bien que mal, avec son neveu Tidjani à Bandiagara, ses fils Amadou Cheikou et Mountaga, à Ségou et Nioro. 
Mais les fiefs de ces rois, dont les cours sont minées par les meurtres et les trahisons, tombent entre 1890 et 1893 sous le coup du conquérant français. " 
CHRONOLOGIE 
 

  
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Modifié en dernier lieu le 11.04.2006
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